Bien qu’elle y soit moins variée qu’ailleurs, la faune de l’Arctique n’en est pas moins fascinante. En fait, elle partage de nombreuses similitudes avec les espèces que l’on retrouve plus au sud, dans le reste de l’Amérique du Nord. En raison du pergélisol et du manque de végétation, les hautes latitudes sont un milieu inhospitalier pour bon nombre d’animaux. On y retrouve donc majoritairement des mammifères et des oiseaux de passage.
Proche cousin du grizzly, l’ours blanc est un peu l’emblème de la région arctique. On le considère comme le plus gros mammifère carnivore sur Terre, puisque certains spécimens peuvent peser autant qu’une petite automobile. Doté d’une épaisse couche de graisse, d’un pelage translucide et d’une peau noire, autant de caractéristiques lui permettant de conserver la chaleur, il est particulièrement bien adapté au froid du Nord. Rusé prédateur, son régime est constitué majoritairement de phoques annelés ou barbus.
Plus petit représentant de la famille des canidés au pays, le renard arctique habite les territoires enneigés où son épais pelage blanc lui permet de passer inaperçu. Pendant l’été, il se recouvre plutôt de poils bruns lorsque vient le temps de mettre bas et d’élever ses petits, nés dans d’imposantes tanières. Il se nourrit majoritairement de rongeurs, préférant de loin le lemming, ou de proies abandonnées par les ours polaires qu’il suit souvent à la trace.
Ne se situant pas très haut dans la chaîne alimentaire, le lemming fait figure d’un appétissant hors-d’œuvre au menu de nombreux animaux de l’Arctique. Semblable à une souris, il est parmi les plus petits mammifères de la région et se divise en deux sous-espèces : le lemming brun et le lemming variable. Pour des raisons inconnues, la densité de ses populations est extrêmement fluctuante. Ainsi, à tous les quatre ans environ, le menu animal passe de la quasi-extinction à une vaste prolifération.
Le morse de l’Atlantique apprécie les eaux froides de l’océan Arctique, où il chasse les petits mollusques bien camouflés dans les fonds marins. Préférant se tenir en groupe, il se caractérise par ses longues canines et sa peau brune et cuirassée. Un peu lourdaud sur la terre ferme, le morse est toutefois un habile nageur. Les adultes, très imposants, peuvent peser jusqu’à une tonne et demie lorsque la nourriture est abondante !
Parfois surnommé « renne du Canada », le caribou se différencie des autres cervidés par ses bois, utiles pour gratter le sol en quête de nourriture, qui sont portés autant par le mâle que par la femelle. Très répandu dans l’Arctique, on en compte plus de 2,4 millions dans tout le territoire canadien. Pour fuir les rigueurs de l’hiver, les caribous se massent chaque année en hardes immenses et voyagent vers le sud sur de très longues distances.
Protégé par le gouvernement canadien depuis 1917, le bœuf musqué est largement répandu en Arctique, principalement sur l’île de Banks. Source inespérée de viande dans un territoire aride, il a été, par le passé, presque chassé jusqu’à l’extinction. On croit qu’il a migré en Amérique du Nord par le détroit de Béring, il y a 90 000 ans. Même si son épais manteau de poil fait parfois en sorte qu’on le confonde avec le bison, il s’apparente plutôt au mouflon et à la chèvre.
Le phoque barbu et le phoque annelé sont les espèces les plus communes de ce gras mammifère dans l’Arctique. Si on ne retrouve qu’environ 300 000 individus de la première espèce, la seconde compte quant à elle plus de 1,5 million de bêtes. Largement exploités par les Inuits pour leur peau, leur chair et leur graisse, les phoques figurent également au menu de bon nombre d’animaux carnivores, comme l’ours blanc.
Vivant au sommet des montagnes ou à de hautes latitudes, dans le territoire arctique, le lagopède est un oiseau qui résiste remarquablement bien aux périodes de grands froids. Bien adapté à son habitat, il possède des pattes recouvertes d’un plumage qui rend la marche sur la neige plus facile. Prenant une teinte blanche l’hiver, cet oiseau arrive à rester immobile pendant plus de 20 heures afin d’éviter toute perte de chaleur.
Pour lui éviter de s’enfoncer dans la neige, le corps du loup arctique est plus petit et léger que celui de ses congénères qui évoluent à d’autres endroits sur la planète. Recouvert d’un pelage pâle, on le retrouve à plusieurs endroits à travers l’archipel arctique, principalement sur les îles de Banks et d’Ellesmere. Vorace, il chasse de gros mammifères, avec une prédilection pour le caribou.
Bien qu’il ne se rende en Arctique que pour y faire son nid, le harfang des neiges arbore fièrement les couleurs des habitants du Nord. D’une impressionnante envergure en plein vol, il est revêtu d’un plumage blanc, agrémenté de stries plus foncées chez les femelles. Une épaisse couche de duvet le protège du froid, une caractéristique utile lorsqu’il doit s’aventurer en Arctique pour s’y reproduire.