Les premiers postes de traite furent établis en Amérique par des voyageurs et des compagnies. C’étaient des lieux de rencontre propices aux échanges de marchandises et permettaient aux hommes qui parcouraient les bois de se reposer et de reprendre des forces. Formant un véritable réseau, ils étaient tenus par des Européens et fréquentés par des Autochtones qui venaient régulièrement y négocier des peaux ou des aliments.
Généralement entouré d’un fossé et d’une palissade, le poste de traite comprenait plusieurs bâtiments : le magasin, la résidence du commandant, la maison du missionnaire et divers quartiers où logeaient les autres hommes qui y passaient un certain temps. Tout autour de la structure, des indigènes se massaient dans l’espoir de faire des affaires ou encore d’être engagés comme interprètes ou guides.
Diverses marchandises transitaient dans les postes de traite, pourvues par les voyageurs en provenance de l’Europe ou par les Autochtones. Certains objets étaient même confectionnés sur place lorsque le poste bénéficiait des services d’un forgeron ou d’un menuisier. L’accès aux bâtiments fut longtemps restreint ou interdit aux natifs, sauf en ce qui concernait les femmes indigènes que les employés fréquentaient ou épousaient parfois.
Entre les palissades du poste de traite, la vie était monotone. C’est pourquoi certains tentaient de se distraire en jouant aux cartes ou en dansant. L’alcool coulait à flots et il n’était pas rare que certains employés mal intentionnés en fassent le commerce avec les Autochtones, bien que cela fût interdit. Les instruments de musique, principalement le violon, étaient également très appréciés pour mettre une touche de gaieté dans l’air.