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Terres arctiques

L’hygiène et l’alimentation

L’hygiène à bord des premiers navires qui firent la traversée de l’Atlantique laissait grandement à désirer. En effet, il était alors assez difficile d’assurer la propreté de dizaines d’hommes travaillant durement toute la journée. Si on tentait de laver le bateau à grande eau ou de le désinfecter à la chaux le plus souvent possible, les mauvaises conditions d’hygiène laissaient néanmoins le champ libre à la propagation des maladies.

La propreté était si problématique pendant les voyages qu’il arrivait que certains s’emplissent les narines de tabac pour camoufler les désagréables effluves que dégageaient les embarcations. Les mauvaises odeurs des navires étaient généralement causées par la présence d’animaux à bord, le manque d’aération et la nourriture dont l’état de conservation était parfois assez médiocre.

Dans leurs gamelles, faites de bois ou d’étain, les matelots retrouvaient un menu assez peu varié, dont les rations étaient scrupuleusement surveillées. D’ordinaire, la soupe ou le bouillon était accompagné d’un peu de poisson ou de viande. Les plus chanceux pouvaient aussi se repaître de biscuits, de fromages ou de bière. Les légumes frais étaient très rares.

La nourriture, à cette époque, était difficile à conserver. Ainsi, on embarquait parfois des animaux vivants à bord afin de fournir des réserves de viande, d’œufs ou de lait pendant le voyage. Les aliments salés, comme le lard, étaient ceux qui se gardaient le plus longtemps. L’eau potable était sévèrement rationnée, puisque les barils de bois dans lesquels elle était entreposée provoquaient parfois des moisissures. On appréciait donc particulièrement les boissons alcoolisées, qui ne pourrissaient pas.

La rareté des denrées fraîches pouvait causer des pertes importantes parmi les marins. En plus des maladies causées par un manque de vitamines ou des intoxications alimentaires, il pouvait arriver qu’un équipage manque tout simplement de vivres à bord. Certains malchanceux en étaient même parfois réduits à chasser les rats qui couraient sur le pont pour se procurer un peu de viande. Si de nombreux explorateurs trouvaient de quoi se nourrir à leur arrivée en Amérique, il n’en était pas de même pour les aventuriers de l’Arctique.

Les navigateurs qui se rendaient en Arctique couraient un risque supplémentaire de mourir de faim, puisque les ressources offertes par ce territoire aride ne permettaient pas de grands succès de chasse ou de pêche. Dès 1779, le pemmican devint une ressource incontournable pour les explorateurs qui apportaient ce commode mélange de graisse et de viande en poudre à travers les vastes étendues de neige et de glace.