Que ce soit par voie maritime ou terrestre, les hommes ont toujours cherché à cartographier et explorer le plus de territoires possible. Parfois guidés par l’appât du gain, l’esprit d’aventure ou des desseins politiques, les explorateurs furent nombreux à ratisser les vastes contrées inhospitalières de l’Arctique. Toutefois, nulle expédition ne fut tentée aussi souvent que la quête d’une voie navigable à travers le continent nord-américain, la recherche du fameux passage du Nord-Ouest.
L’histoire des explorations arctiques est parsemée de morts et d’accidents tragiques. En effet, les hommes qui s’y risquaient devaient être armés d’une bonne dose de courage et être capables de résister aux conditions extrêmes qu’imposait le climat. La navigation n’étant pas des plus faciles dans les eaux du Nord, il n’était pas rare qu’un équipage soit forcé de déserter une embarcation pour tenter de rejoindre la civilisation à pied.
Les matelots égarés n’avaient pas la tâche facile. Ployant sous le poids des traîneaux qui contenaient les vivres, ils étaient en proie à la malnutrition et aux engelures. Dès leur invention, au XIXe siècle, les conserves devinrent un véritable gage de survie pour les explorateurs, puisqu’elles permettaient de varier leur menu. Dans l’Arctique, ils ne pouvaient aucunement se fier à la chasse ou à la végétation pour se sustenter.
La recherche d’un passage direct entre l’Europe et l’Asie est longtemps apparue comme une lubie d’explorateur, un objectif inaccessible qui fascinait les plus hardis. Au début du XVe siècle, après avoir atteint le Nouveau Monde, Jean Cabot formula l’hypothèse qu’il existait peut-être une voie navigable à travers le continent. En fait, on croyait alors que l’Amérique du Nord était une étroite bande de terre facile à traverser. Loin de la réalité, de nombreux explorateurs s’y risquèrent, parfois au péril de leur vie.
L’intérêt de trouver un passage nordique reliant l’Atlantique au Pacifique était d’abord guidé par des desseins commerciaux. Le chemin alors emprunté pour se rendre en Asie, où abondaient diverses richesses, était long et contrôlé par les Espagnols et les Portugais. Les commerçants n’hésitaient pas à commanditer les explorateurs, conscients de tous les profits qu’ils réaliseraient si le passage du Nord-Ouest était découvert. Certains se mirent également à rechercher un chemin vers le nord-est, suivant les côtes de la Russie jusqu’au détroit de Béring.
Au XVIe siècle, les navires devinrent de plus en plus résistants et capables d’effectuer de longs voyages en mer. Malheureusement, le territoire nord-américain s’avéra immense, et nul cours d’eau ne mena les explorateurs bien loin vers l’ouest. Les plus courageux tentèrent leur chance du côté de l’Arctique, espérant déjouer les eaux gelées, mais sans succès. S’ils n’atteignirent pas leur objectif, ils permirent toutefois de cartographier des territoires peu connus, comme les îles de l’archipel arctique.