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Terres arctiques

2 000 av. J.-C. à aujourd'hui

À leur arrivée dans le Nord canadien, les Paléoesquimaux et les Néoesquimaux durent user de beaucoup d’ingéniosité afin de survivre en exploitant les rares ressources de ce milieu hostile. La terrible rigueur des conditions climatiques a fait de la chasse leur principal moyen de subsistance. Outre la viande, la peau des animaux tués était une ressource extrêmement précieuse. Ils durent également se construire des maisons qui les protégeraient du froid d’une façon efficace.

La chasse

Dans un univers recouvert de glace, où toute agriculture était impossible, les Paléoesquimaux ont dû apprendre à survivre en ne dépendant que de la chasse et de la pêche. Malgré son caractère inhospitalier, l’Arctique recélait certaines espèces animales intéressantes pour le chasseur, en autant que celui-ci connaisse bien les allées et venues des troupeaux. Non contents de s’en nourrir, les Paléoesquimaux utilisaient aussi le fruit de leurs expéditions de chasse afin de fabriquer vêtements et outils.

À une certaine époque, certains peuples du Nord fondaient les bases de leur alimentation sur les populations de phoques. Animal très dodu, le phoque leur fournissait de la nourriture, une peau imperméable ainsi que de la graisse pour s’éclairer ou se réchauffer. L’animal se faisait généralement surprendre par les trous de respiration, percés sous la banquise afin de reprendre son souffle après de longues minutes d’immersion. On le chassait parfois directement sur la banquise alors qu’il s’y reposait en quête de quelques rayons de soleil.

Le caribou était également une espèce très prisée des chasseurs nordiques. Dans d’autres parties du monde, on passa graduellement de la chasse à l’élevage de cet animal, bien utile pour lutter contre les risques de famine. Les Saames furent parmi les premiers à les domestiquer et les utilisaient même pour tirer les traîneaux et fournir du lait !

Si les Paléoesquimaux, les Néoesquimaux puis les Inuits d'Amérique du Nord étaient d’excellents chasseurs, ils n’étaient toutefois pas conscients des conséquences d’une chasse trop intensive. Ainsi, lorsqu’un homme abattait un animal dans le respect des traditions, il croyait que l’âme de celui-ci se réincarnerait dans une autre bête afin d’assurer l’abondance de l’espèce. Les Inuits chassaient donc massivement certaines espèces et en menèrent plusieurs à l’extinction partielle ou totale.

Les vêtements inuits

Autrefois, les Inuits possédaient généralement deux types de vêtements : ceux de tous les jours et ceux d’apparat. Les premiers étaient plus confortables et simples que les seconds, décorés avec beaucoup de soin. Les peaux d’animaux étaient le seul matériel à la disposition de l’homme et de la femme du Nord.

Les Inuits enfilaient une première couche de vêtements, appelés dessous, dont la fourrure était retournée vers l’intérieur. Ils se recouvraient ensuite d’une seconde épaisseur d’habits, les poils vers l’extérieur.

L’une des peaux les plus chaudes pour fabriquer des vêtements était celle du caribou. On favorisait également le phoque pour les bottes ou les manteaux, puisque sa fourrure était imperméable. Des habits amples permettaient de se garder bien au chaud, grâce à la friction entre les poils et la peau humaine.

C’est la femme qui était chargée de dépecer l’animal rapporté de la chasse par son mari. Avec la peau, qu’elle grattait, raclait, séchait, mâchait et découpait, elle taillait plusieurs morceaux destinés à former les diverses pièces de vêtement. Les bonnes couturières étaient grandement respectées pour leur savoir-faire.

Les habitations nordiques

L’image de l’igloo est très forte chez les Occidentaux lorsqu’il est question des Inuits. Toutefois, cette forme d’habitation était loin d’être la seule utilisée par les hommes du Nord. En effet, certains Inuits construisaient plutôt des maisons creusées dans le sol, fabriquées avec du bois, des os de baleine ou de la pierre, recouvertes de tourbe ou de peaux d’animaux.

L’igloo était donc, le plus souvent, un mode d’habitation temporaire, utilisé par le chasseur désirant suivre les troupeaux de gibier. Les plus expérimentés arrivaient à en construire un en moins d’une heure afin d’y habiter pour quelques jours. Toutefois, certains Inuits du centre de l’Arctique n’avaient que la neige pour se loger pendant tout l’hiver. Ils devaient donc mettre plus d’application à bâtir leur maison, dans laquelle ils s’établissaient pendant plusieurs mois.

Pour construire un igloo, l’homme du Nord devait d’abord sélectionner une neige assez compacte et solide afin de tailler les blocs destinés à former les « murs ». Ces blocs étaient empilés l’un sur l’autre en spirale, afin de former un dôme parfait. Ils devaient être minutieusement taillés afin d’éviter un effondrement de la structure ! Le tout dernier morceau à être posé, tout au-dessus, s’appelait « clef de voûte ». C’est lui qui assurait l’équilibre et la solidité de l’habitation.

Les igloos les mieux construits mesuraient environ cinq mètres de diamètre et deux de hauteur. Certains avaient un tunnel d’accès pouvant s’enfoncer à plusieurs mètres dans le sol afin de garder le plus de chaleur possible à l’intérieur. Parfois, des plaques de glace étaient utilisées pour laisser les rayons du soleil éclairer l’unique pièce de l’habitation. Le sol était généralement recouvert de peaux qui, combinées à la chaleur des corps et d’une lampe, permettaient de conserver une température stable à l’intérieur.