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Terres arctiques

De l’infini à 8 000 av. J.-C.

Il y a plusieurs milliers d’années, la Terre a connu une succession de changements climatiques appelés glaciations. Pendant ces périodes, une importante part de la superficie terrestre était recouverte de glace. C’est dans ce décor en apparence peu accueillant qu’apparurent les toutes premières formes de vie humaine. On retrouvait alors, tout au nord, des chasseurs de gibiers adeptes de gros mammifères comme le mammouth. C’est toutefois pendant la dernière ère glaciaire, qui s’est terminée il y a environ 10 000 ans, qu’apparut l’être humain moderne.

Les ères glaciaires

Puisque la plupart d’entre elles se sont produites il y a plusieurs millions d’années, il est assez difficile de décrire avec exactitude les ères glaciaires qui, pendant des milliers d’années, modifièrent l’aspect des continents en les recouvrant de neige et de glace. On peut en identifier quatre principales, survenues pendant l’ère quaternaire, dont la plus ancienne remonterait à 600 000 ans. Toutefois, les découvertes à ce sujet sont relativement récentes.

En 1821, Ignace Venetz, fut envoyé dans les Alpes suisses afin d’étudier les récentes découvertes de traces laissées par l’avancement et le retrait des glaciers. Il confirma aux autorités inquiètes pour les installations humaines que la glace était, en effet, constamment en mouvement. Il se rendit également compte que, suivant leur expansion, les glaciers poussent certains débris terrestres, créant des strates permettant d’identifier aisément les diverses phases de gel et de dégel.

Exalté par ses découvertes, Venetz affirma que la Terre, loin d’être soumise à une diminution graduelle de la température, avait subi d’importantes oscillations climatiques. Poussant ses investigations plus loin, il parcourut des kilomètres pour observer les mêmes phénomènes et déduisit que les glaciers avaient, jadis, beaucoup plus d’ampleur. Plus tard, il convainquit le renommé scientifique Jean de Charpentier de ses dires et lui demanda de l’aider à poursuivre ses recherches.

S’intéressant aux nouvelles découvertes géologiques, Louis Agassiz, également originaire de Suisse, assista à une conférence de Jean de Charpentier. Intrigué, il alla examiner lui-même les traces laissées par le gel et publia, en 1840, Études sur les glaciers. Il fut le premier scientifique à affirmer que la Terre avait connu, par le passé, une succession de glaciations. Pendant ses recherches, il découvrit nombre de fossiles, de sédiments et d’indices géologiques prouvant que de grands bouleversements climatiques avaient eu lieu des millions d’années auparavant.

Les découvertes de Venetz, Charpentier et Agassiz suscitèrent de nombreuses réactions dans le domaine scientifique et les forcèrent à faire face à une virulente opposition. Loin d’être découragé, Agassiz approfondit donc ses recherches en étudiant les glaciers actuels. Bientôt, de plus en plus de ses confrères adhérèrent à ses théories. Pendant les années 20, Milutin Milankovitch donna encore davantage de poids aux découvertes d’Agassiz en étudiant les phénomènes responsables des glaciations.

Au fil du temps, la technologie a permis d’identifier avec de plus en plus d’efficacité les preuves de la théorie glaciaire. L’étude de sédiments se retrouvant au fond des océans ou emprisonnés dans les glaciers actuels a également fait connaître l’existence de glaciations plus anciennes. Dorénavant, les ères glaciaires ne sont donc plus qu’une simple théorie, mais une certitude scientifique.

L’évolution de l’homme

La découverte du fossile Toumaï, trouvé au Tchad en 2002, permet de croire que l’homme serait apparu sur la Terre il y a plus de 7 millions d’années. Contrairement à l’ancienne convention scientifique qui veut que l’être humain descende du singe, les hommes préhistoriques ne seraient que les cousins éloignés des primates, passant par tout un enchevêtrement de liens évolutifs. On appelle l’ensemble des ancêtres de l’homme les hominidés.

Il semble que notre plus lointain ancêtre serait apparu pour la première fois sur le territoire africain. Il aurait ensuite migré vers l’Asie et l’Europe, avant de se déplacer vers l’Australie et d’autres régions moins accessibles. Il se serait rendu en Amérique il y a 30 000 ans. Il était alors déjà considéré comme une espèce d’homme moderne lors de sa migration vers le Nouveau Monde.

Le mammouth

Le mammouth, aujourd’hui complètement disparu de la surface terrestre, était un énorme mammifère de la famille des éléphantidés. On croit qu’il aurait d’abord vu le jour en Afrique, avant de se déplacer vers l’Eurasie et l’Amérique du Nord. Doté d’une trompe et d’immenses défenses, il se démarque de son cousin l’éléphant par un épais pelage laineux, une peau de deux centimètres d’épaisseur et une dense couche de graisse, attributs qu’il a développés pour combattre efficacement le froid.

S’il est probable que les mammouths se soient éteints vers la fin de la dernière ère glaciaire, il y a 10 000 ans, les causes de leur disparition restent nébuleuses. Toutefois, il est permis de croire que le rapide changement de climat aurait transformé radicalement la végétation de leur habitat. Ainsi, habituée à brouter de l’herbe, la dentition du mammouth n’aurait pu s’adapter à temps à une nouvelle alimentation. De plus, il est possible que l’homme, en le chassant trop intensément, ait poussé l’espèce à l’extinction.