Même s’ils cultivaient leurs propres croyances, les Inuits firent, dès 1771, la connaissance des premiers missionnaires, venus pour remettre leurs « âmes perdues » sur le droit chemin. Avec eux, ils apportèrent bon nombre de nouveautés, allant des objets de la vie courante aux maladies alors inconnues des indigènes.
Relativement isolés de tout, les Inuits avaient développé, au fil des ans, une spiritualité bien à eux. Les premiers contacts qu’ils eurent avec les missionnaires européens furent donc assez surprenants. Envoyés pour les convertir et leur imposer leurs croyances, les prêcheurs eurent parfois à se heurter à de fortes réticences ou à une indifférence totale. Toutefois, nombreux furent ceux qui arrivèrent à rallier les âmes à leur école de pensée.
La toute première rencontre entre des missionnaires et un peuple inuit eut lieu en 1771, au Labrador, lorsque la Grande-Bretagne y envoya une congrégation morave. Ce fut ensuite au tour de la Compagnie de la Baie d’Hudson de faire venir des anglicans et des catholiques pour détendre un peu le climat qui régnait alors dans les Territoires du Nord-Ouest. En effet, les mœurs inuites se dégradaient au même rythme qu’était introduit l’alcool dans les tribus.
En forte opposition avec les religions occidentales, la spiritualité inuite et le chamanisme furent, de prime abord, fortement condamnés par les missionnaires. Les pratiques religieuses indigènes étaient considérées comme diaboliques tant elles impressionnaient les Européens par leur exubérance. Le chaman, autrefois très respecté, fut discrédité et accusé d’être de mèche avec le Diable.
Les religions occidentales furent assez bien acceptées des Inuits, généralement ouverts aux nouveautés apportées par l’homme blanc. De leur côté, les missionnaires avaient l’esprit plus fermé et visaient une conversion totale. De nombreux indigènes furent baptisés, parfois sans trop de conviction. Ils étaient fortement impressionnés par la résistance des Européens à la maladie et croyaient leur Dieu plus puissant. Toutefois, la plupart des convertis n’abandonnèrent jamais complètement les rituels et croyances chamaniques.
Les missionnaires qui vinrent s’établir sur le territoire nord-américain n’arrivèrent pas les mains vides. Désireux de plaire aux indigènes, ils leur offrirent certains objets de la vie courante, comme des fusils, des haches et des filets de pêche. Au contact de l’homme blanc, les Inuits découvrirent également l’alcool, qui fit de véritables désastres.
Outre les objets qu’ils apportèrent, les missionnaires construisirent des bâtiments liés au culte, des couvents et des écoles. L’éducation était d’une importance capitale, puisque les nouveaux fidèles devaient pouvoir lire les écrits sacrés et comprendre les sermons religieux. Certaines congrégations bâtirent également des hôpitaux pour soigner les malades, tâche jusqu’alors réservée au chaman.
Malgré eux, les Européens amenèrent également bon nombre de maladies contagieuses, déclenchant de véritables épidémies dans certaines régions. Ne possédant pas d’anticorps contre ces nouveaux virus, plusieurs Inuits virent leur tribu complètement décimée. Constatant que les missionnaires supportaient mieux les maladies, contre lesquelles ils avaient une meilleure résistance, les indigènes crurent qu’ils étaient sans doute les détenteurs d’un puissant pouvoir magique, ce qui hâta leur conversion religieuse.