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Terres arctiques

De 1553 à 1616

Les premiers explorateurs

Avec l’éclosion du commerce en Europe, on tenta désespérément de trouver une route menant à l’Orient. La quête d’un tel passage engendra une véritable vague d’explorations dans les eaux nordiques. Parmi les plus hardis explorateurs se trouvèrent Hugh Willoughby, en 1553, puis Martin Frobisher, en 1576. Comme d’autres après eux, leurs expéditions connurent maintes difficultés et n’obtinrent pas la gloire à laquelle elles aspiraient.

L’expédition de Hugh Willoughby

Le désir de trouver un chemin vers l’Orient motiva de nombreux explorateurs à parcourir des voies navigables inconnues. C’est d’ailleurs Jean Cabot et Jacques Cartier qui ouvrirent la marche, bientôt suivis par d’autres navigateurs plus ou moins expérimentés qui souhaitaient tenter leur chance. En 1553, une importante expédition fut organisée par l’Angleterre pour explorer les eaux arctiques. Première en son genre, cette mission fut confiée à sir Hugh Willoughby.

Tentant de rejoindre les terres orientales par le passage du Nord-Est, Willoughby et ses trois navires s’empêtrèrent dans les glaces bordant les côtes laponnes. Désespérément, le navigateur voulut installer son équipage sur la terre ferme en attendant un sursis du climat, mais en vain. Près d’un an plus tard, on retrouva les bateaux et les corps des malheureux, dont les journaux de bord laissaient savoir qu’ils n’arrivèrent jamais à destination. Le voyage n’eut qu’un seul survivant, Richard Chancellor, qui réussit péniblement à rejoindre Moscou en traîneau.

Les explorations de Martin Frobisher

Originaire de Londres, Martin Frobisher n’était pas prédestiné à épouser le mode de vie bourgeois dans lequel il fut élevé par ses parents. Dès son adolescence, son goût du risque et de l’aventure transparaissait dans tous les projets qu’il entreprenait. Plus tard, il fit ses premières expéditions maritimes, qui firent naître en lui une forte soif de pouvoir et de richesse. Fougueux et n’hésitant pas à verser dans l’illégalité, il fit sa marque en tant que corsaire pour la reine d’Angleterre.

Attiré par l’appât du gain, Frobisher trempa dans certaines activités illégales et dans la piraterie, ce qui lui valut d’être emprisonné à quelques reprises. Vers 1574, alors qu’il croupissait derrière les barreaux, au Portugal, il entendit parler d’une route s’étendant au nord-ouest et menant vers l’Orient. Alléché par l’idée de faire fortune, il tenta de trouver du financement afin d’organiser le tout premier périple vers l’Arctique américain.

Martin Frobisher fit le premier de ses trois voyages en Arctique en 1576. Pendant ses périples, il aurait atteint une baie, aujourd’hui nommée baie de Frobisher, située à proximité de la terre de Baffin. Il rencontra également des peuplades inuites, avec qui il connut quelques frictions. Cinq membres de son équipage furent carrément enlevés par les hommes nordiques, alors qu’il en ramenait quelques-uns contre leur gré en Angleterre.

Ses voyages permirent également de faire la découverte d’imposants gisements d’un métal que l’on croyait être de l’or. Malheureusement pour Frobisher, dont la motivation première était de s’enrichir, il ne s’agissait en fait que de pyrite de fer, sans réelle valeur marchande. Les investisseurs, en colère et déçus, jetèrent le blâme de cet échec sur Frobisher, qui fut disgracié.

Les autres voyages dans l’Arctique

De nombreux explorateurs, au XVIe et au XVIIe siècle, tentèrent d’explorer l’Arctique afin de trouver un passage vers l’Orient, bien que leurs expéditions fussent moins colorées et remarquables que celles de Hugh Willoughby et Martin Frobisher.

Entre 1585 et 1587, John Davis, un Britannique, tenta par trois fois de se rendre en Asie en empruntant le fameux passage du Nord-Ouest. Pendant ses voyages, il parvint jusqu’au Groenland et en explora les côtes. Il découvrit également un détroit à qui il donna son nom. John Davis devint célèbre lorsqu’il inventa le quadrant, un outil de navigation révolutionnaire pour l’époque.

En 1607, ce fut au tour de Henry Hudson de tenter l’aventure du Nord. Contrairement à ses prédécesseurs, il tenta de rejoindre l’Orient en filant directement vers le pôle et établit un véritable record en se rendant jusqu’au 80e parallèle. Il effectua plusieurs voyages et découvrit la baie d’Hudson, avant d’être trahi par certains de ses matelots et abandonné à bord d’une petite embarcation. On ne sut jamais vraiment ce qu’il advint de lui après cette mutinerie.

Un autre homme se rapprocha grandement du rêve de trouver le fameux passage menant vers l’Asie : William Baffin. Entre 1612 et 1616, il navigua sur les eaux du Nord et se rendit plus loin que tous les autres explorateurs avant lui, en découvrant une mer et une terre à qui il donna son nom. Ayant dû rebrousser chemin sans avoir atteint son but, il termina ses jours en arguant à qui voulait l’entendre que le passage tant recherché n’existait pas.