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Terres arctiques

De 870 à 1553

Les premiers explorateurs

On compte également, parmi les premiers explorateurs du Nord, les fameux Vikings, originaires de la Scandinavie. Explorant et colonisant le plus de territoires possible, ils virent dans le Nord une terre de prometteuses richesses. Ainsi, vers 870, le chef viking Ottar se rendit aux limites nordiques de la Norvège, avant de céder le pas au désormais célèbre Erik le Rouge, qui fonda la première colonie du Groenland.

Les Vikings

Les Vikings étaient originaires de la Scandinavie, région aux frontières imprécises regroupant généralement la Norvège, la Suède, le Danemark, l’Islande et la Finlande. Commerçants, explorateurs, conquérants et parfois même pirates, ils ne formaient ni une nation ni un peuple, mais plutôt d’éparses associations de navigateurs parcourant les mers. Leurs maints voyages leur valurent toutefois une très mauvaise réputation.

Marins hors pair, les Vikings mirent au point des vaisseaux suffisamment résistants pour traverser d’immenses étendues d’eau. Au fil de leurs explorations maritimes, qui eurent lieu entre le VIIIe et le XIe siècle, ils purent améliorer grandement leurs techniques de navigation, ce qui favorisa l’expansion de leur commerce et la découverte de nouveaux territoires. Ils firent également de nombreuses tentatives pour coloniser des terres inhabitées, dont le Groenland.

Le mot « viking » proviendrait d’un terme norrois signifiant « les hommes qui vont de vicus en vicus ». À cette époque, un vicus était un comptoir de commerce. Les Vikings, que l’on percevait à l’époque comme des êtres violents et sans pitié, avaient donc comme principale ambition de faire de bonnes affaires. En fait, une grande partie de leurs explorations étaient sans doute menées par le désir de trouver de nouveaux débouchés commerciaux.

Les explorations d’Ottar

À la fin du IXe siècle, Ottar, un chef viking norvégien, fit l’un des premiers récits détaillés d’un voyage d’exploration en territoire arctique. En visite chez Alfred le Grand d’Angleterre, roi de Wessex, il raconta s’être rendu sur les terres les plus nordiques jamais visitées. Ayant longé les côtes de la Norvège, il s’était dirigé vers la péninsule de Kola et le cap Nord, connu comme le point le plus septentrional de toute l’Europe.

Les expéditions d’Ottar étaient avant tout motivées par la chasse au morse, animal qui se retrouvait en quantité dans le nord de la Norvège. Les dents, les défenses ainsi que la peau de ces bêtes permirent au chef viking de se constituer une fortune considérable. Toutefois, il s’enrichit surtout grâce aux tributs que devaient lui remettre les Lapons.

À cette époque d’explorations et de conquêtes, de nombreux peuples furent forcés de remettre une partie du fruit de leur chasse ou de payer des impôts à l’envahisseur en signe de soumission. Pour plusieurs, le fait de se voir assujettis à une autorité étrangère marqua la fin de leur mode de vie traditionnel. Les tributs consistaient souvent en peaux ou en défenses d’animaux de toutes sortes.

Les découvertes d’Erik le Rouge

Les voyages du navigateur viking Erik le Rouge furent au cœur de l’une des plus célèbres expéditions vers l’Arctique et menèrent à la découverte de la plus imposante île du globe, le Groenland. Né vers 950, Erik quitta très jeune sa Norvège natale pour suivre son père, forcé de fuir vers l’Islande après quelque crime violent. Élevé dans un milieu brutal, il fut lui-même chassé de cette région pour meurtre quelques années plus tard.

Pendant son exil, le jeune homme, dont l’éclatante chevelure rousse lui valut le nom d’Erik le Rouge, se rendit explorer une terre légendaire située à l’ouest de l’Europe. Il découvrit ainsi le Groenland et l’affubla de son nom, signifiant « terre verte ». Il espérait ainsi attirer le plus de colons possible qui, bernés par l’aguichante appellation, iraient s’établir sur ce territoire plutôt ingrat.

En 986, Erik réussit à convaincre de nombreux Vikings de se rendre au-delà des eaux entourant l’Islande pour accoster sur une terre encore entourée de mystère. C’est ainsi que 25 imposants navires prirent la mer en direction du Groenland, île de 2 175 600 km2 se trouvant en majeure partie dans le cercle arctique. Bien que onze de ces bateaux n’atteignirent jamais la côte, les autres permirent à 400 Vikings de fonder la première colonie de l’immense île.

En l’an 1001, le fils d’Erik le Rouge, Leiv l’Heureux, fit également d’intéressantes découvertes qui changèrent le cours de l’histoire. En déviant de sa route maritime, censée le mener jusqu’au Groenland, il atteignit vraisemblablement l’île de Baffin, le Labrador et Terre-Neuve. Encore aujourd’hui, à certains de ces endroits, dont l’Anse aux Meadows, on peut retrouver les vestiges de ces étonnants établissements vikings, symboles de la toute première présence européenne en Amérique du Nord.

La première colonie du Groenland

L’expédition transportant les premiers Européens vers le Groenland fut menée vers 986 par Erik le Rouge. L’équipage avait pris soin d’emporter de bonnes quantités de bêtes, de nourriture et de bois, ce dernier étant introuvable sur l’île nordique recouverte de toundra. Dès leur arrivée, les Vikings se mirent à construire de nombreuses petites maisons de pierre, recouvertes de gazon.


Au fil des années, d’autres individus arrivèrent et deux colonies se développèrent simultanément, l’une à l’est et l’autre à l’ouest. Les nouveaux arrivants se mirent rapidement à pratiquer une agriculture de base et à élever du bétail. Bientôt, on put voir sur l’île environ 300 fermes et une vingtaine de bâtiments religieux. Les colons tissaient leurs vêtements, barattaient la crème, pêchaient et chassaient pour tenter de subvenir à leurs besoins.

Pour obtenir des produits de l’Ancien Continent, les Vikings du Groenland exportaient des ours polaires vivants, des défenses de narvals, des gerfauts ou des peaux de bêtes. D’imposants voyages de chasse étaient organisés pour se procurer de tels produits, qui valaient leur pesant d’or sur le marché européen.

Toutefois, le mode de vie à l’européenne instauré par les colons du Groenland se montra vite inadéquat. En effet, ceux-ci durent bientôt quémander de plus en plus de produits et de ressources à l’Europe, puisqu’ils n’arrivaient pas à combler leurs besoins. Le climat devint de plus en plus froid et les routes maritimes furent envahies par les glaces. On croit que le dernier Viking du Groenland serait mort vers la fin du XVe siècle.